LA BOHEME

Note d'intention de Jean-Philippe Corre - Adaptation et mise en scène

La Bohème dans sa forme habituelle est un grand opéra avec 8 personnages et des chœurs. Mais il se classifie, par sa forme, dans la catégorie opéra « dialogué » et « théâtral ». Cet opéra de nuances des sentiments, d’une multitude de petits détails de la vie quotidienne qui en font son charme et sa mélancolie, s’inscrit à part dans le répertoire de l’époque. Il s’intéresse à des gens modestes, à une intrigue modeste, à des vies modestes, et en fait une superbe tragédie de l’amour dans le quotidien, une initiation à la vie, et ses multiples embûches. Quatre copains, quatre bohémiens, ont fait d’une mansarde leur quartier général. C’est donc à partir de la vie de ces quatre jeunes pleins d’espérances en l’avenir que les petits gestes quotidiens, les modestes rencontres, les espoirs, les illusions, la dérision vont constituer un tout «impressionniste» qui ressemble à la vie. L’arrivée de Mimi pour Rodolphe, le retour de Musette pour Marcel va bouleverser leur vie. La découverte de l’amour, de la mort, de l’abandon, des difficultés de la vie feront dire à Puccini au moment où il achèvera l’une de ses œuvres majeures : « Nous avions l’impression d’avoir perdu notre jeunesse. » Ils sont tous les six jeunes et heureux de vivre. La mort de Mimi va marquer la fin de cette jeunesse heureuse.

C’est, contrairement aux apparences une pièce gaie. « Si elle ne se terminait pas mal elle finirait bien » aurait pu dire Lapalisse. 


La mansarde

J’ai choisi pour cela de réduire cet ouvrage à six personnages seuls et l’action se passe entièrement dans la Mansarde, la salle est Paris et le public sont les Parisiens. Une simple lucarne est mon lien entre ses deux mondes. « Cette colocation à six, au dessus des toits de Paris. Paris il n’est question que de lui ».

C’est pour cette raison que j’ai choisi et réadapté la Version Française de Paul Ferrier. Le texte est beaucoup plus proche des Scènes de la vie de Bohème. J’ai choisi six jeunes chanteurs pour ces personnages, il était impératif pour moi qu’ils aient moins de vingt ans, comme dans le roman, et ce malgré la difficulté vocale et musicale de l’ouvrage. Enfin, j’ai transposé l’action en 1935 : une époque d’insouciance, le temps des ‘’surréalistes‘’, nos quatre artistes auraient pu être André Breton, Magritte, Poulenc, Paul Eluard,etc... C’est aussi la naissance de Mickey, de la Batmobile, du vernis à ongle et du premier Tintin. Blanche Neige n’est pas loin et les Nains vont bientôt siffler en travaillant. Surtout c’est une époque de référence du cinéma français de Jean Renoir, Marcel Lherbier ou de Marcel Carné.

Je me plais à imaginer chanter dans cette mansarde Charles Boyer dans Rodolphe, Jean Gabin dans Marcel, Daniele Darrieux dans Mimi, Arletty dans Musette, Garette et Jouvet dans Schaunard et Colline. « La Belle Equipe » n’est pas si loin.

 


Des femmes modernes

Nous sommes aussi en plein front populaire, les suffragettes défilent à Saint-Germain, en mai 1936 trois femmes feront parti du gouvernement. Mimi et Musette sont ces femmes modernes qui vivent un amour libre, comme des hommes. Elles travaillent, gagnent leur vie et font ce qu’elles veulent de leur temps et de leur corps sans se soucier du quand dira –on !

Mimi quittera Rodolphe trois mois après leur rencontre pour vivre avec un vicomte qu’elle abandonnera, malade pour venir mourir au milieu de ses « copains ».


Un spectacle intimiste accompagné au piano seul, pour un public un peu voyeur et peu habitué à voir et entendre de si près de l’opéra. Nous sommes loin de la Bastille mais tout près du ciel sous les toits de Saint-Germain des prés.

Et si Puccini était bien avant son temps le plus grand compositeur de musique de cinéma alors approchez-vous mais sans bruit car : Silence on tourne, La Bohème

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